Ce que j’ai appris en 2 ans d’animation périscolaire

2 ans d’animation périscolaire, deux ans de rires, deux ans d’apprentissage pour moi comme pour les enfants. Retour sur cette très belle expérience qui m’a fait remettre en question mes certitudes et m’interroger sur mes à priori.

 

 

Je tourne une page qui m’a touchée plus que de raison. Partie pour devenir orthophoniste, le destin a préféré que je me fasse des armes en pratique et entourée d’enfants dynamiques et ayant 50 questions à la seconde. Des soucis de santé empêchant la poursuite de mes études, j’ai trouvé un poste à la mairie d’Orléans après une année sabbatique nécessaire. J’avais des horaires un peu farfelus, mais mener une vie décalée ne m’a pas gêné plus que cela. Bien au contraire, cela m’a même plutôt permis de faire des tas d’autres choses à côté. Le matin à 7h j’allais garder des enfants avant l’école. Puis je faisais parfois des remplacements sur le temps du déjeuner, pour poursuivre deux heures plus tard par des ateliers d’animations périscolaire. Se suivait ensuite de temps à autre une heure d’aide aux devoirs ou de garderie. Et je partais une fois les enfants remis à leur famille, en général après 18 heures.

 

 

Ne pas hésiter 

Que ce soit avec les enfants, ou avec les différentes équipes d’animation, ne pas hésiter reste la devise. Les enfants sentent quand nous ne sommes pas confiants et ce n’est pas le moment de balbutier lorsqu’on lance une activité. Du punch, du dynamisme et une réelle envie…voilà ce qu’on retient d’un animateur engagé ! Avec les collègues c’est pareil, il ne faut pas se sentir plus bête qu’un autre à demander des informations ou un avis. La première année, j’ai eu la chance d’avoir une référente très attentive et à l’écoute. L’idéal pour débuter ! Elle venait parfois pendant mes activités pour s’assurer que j’étais à l’aise et que l’activité se déroulait bien. Loin de trouver cela ennuyant, je prenais toujours très à coeur ses remarques ou suggestions. La seconde année, j’étais bien plus à l’aise déjà, car je connaissais le fonctionnement de l’école et les locaux.

 

S’organiser 

Du carton par-ci, un ciseau par là et des gommettes colorées…mes ateliers étaient principalement créatifs. Mes collègues pourront en témoigner, je n’ai jamais été la meilleure élève pour le rangement. Néanmoins, en terme d’investissement, je n’ai pas hésité à venir trente minutes plus tôt pour préparer mon activité, quitte à passer dix minutes à la photocopieuse. Avec le temps, j’ai compris que ce temps de préparation était indispensable, et qu’il était nettement plus pratique directement sur le lieu de travail. Forcément, à la maison, je n’avais pas les mêmes peintures ni le fameux pistolet à colle ou la perforatrice en forme de fleurs. Plier 30 cartes en carton, découper des centaines de formes, s’agacer avec la plastifieuse…autant de missions évidentes en animation. Et encore, je ne vous parle pas des plannings et des projets pédagogiques.

 

Se confronter à soi-même

Comme elle est loin l’animatrice qui ne savait pas s’imposer. Dès le premier jour, j’ai senti qu’il fallait que je gagne en autonomie et en confiance en moi. Je ne vais pas passer par quatre chemins, et je ne trouve pas d’autres phrases mais « tu vas te faire bouffer » reste une pensée qui m’a traversé l’esprit. Un peu trop douce au départ, j’ai appris par la suite qu’on pouvait le rester mais se faire respecter. Et qu’hurler sur les enfants n’avait pas forcément l’effet escompté, voire que ça empirait les choses ! Mécanisme de défense somme toute assez automatique, les gens qui parlent fort ne sont pas toujours les gens qui ont le plus de choses à dire. Je me suis pas mal remise en question en travaillant dans l’animation, en rencontrant différentes équipes et en confrontant les pédagogies. Qu’est-ce que je veux pour mon enfant, qu’est-ce qui est le plus important pour eux à l’école ? Ce qui est certain, c’est que travailler avec des enfants m’a donné confirmation que j’avais cette sorte de fibre maternelle. Les enfants m’apprécient, et même si certains sont durs à apprivoiser, dans l’ensemble, aucun ne m’avait en horreur !

 

Ne pas oublier son âme d’enfant

Quoi de plus amusant, tendre, et adorable que l’enfance. Travailler avec un public de petits bouts m’a permis de garder mon âme d’enfant ( et accessoirement de recevoir câlins et de nombreux dessins ) . Même si elle était toujours présente, j’ai pu la réveiller et la rafistoler. C’est vrai qu’avec les années qui passent et les petits désagréments du quotidien ( factures, train en retard, fuite dans la salle d’eau…), on a souvent tendance à oublier cette part de nous. S’émerveiller d’une procession de gendarmes, cacher un avion en papier dans son sac ou faire des farces aux copains… autant de plaisirs si proches que je pouvais approcher avec mes yeux d’adultes. J’ai reconsidéré tellement de choses avec ces deux années d’animation. J’ai parfois eu la larme à l’oeil en les regardant jouer ou se disputer. C’était quelque chose de regarder l’enfant que j’avais pu être avec des yeux d’animatrice. Saisir au vol et comprendre enfin cette phrase « Profite tu verras quand tu auras mon âge, tu te diras que la sieste c’était pas si mal. » 

Se surprendre 

Pendant ces deux ans, j’ai pu acquérir pas mal d’expérience sur le terrain, et c’est cela qui m’a fait du bien. J’ai cru longtemps être très scolaire, alors que j’apprends bien plus vite en pratique. Je me suis surprise à être très à l’aise, à ce que les enfants me saluent dans la cour quand j’arrivais en trottinette, et à accepter de travailler avec un public qui me rebutait au début ( les maternelles ). On apprend tous les jours, mais le monde de l’enfance reste très particulier pour moi. Je crois que j’ai réellement grandi en prenant cette place de référence. Un personnel encadrant pédagogique se doit d’être un exemple, et c’était un exercice de savoir écouter les confidences de certains tout en n’oubliant pas les limites à ne pas franchir avec d’autres. J’ai aussi largement assagi mon vocabulaire, et il est très rare à présent de m’entendre jurer.

 

Très émue pendant mes deux dernières semaines d’animation en centre aéré, j’ai le sentiment d’avoir fait de mon mieux et du mieux que j’ai pu. Le mot transmettre a pris beaucoup plus d’importance dans ma vie depuis, et je sais que c’est un de ces mots clés que je veux ressentir tout le long de mon parcours professionnel ou personnel.

Donner quelque chose, et voir la personne le partager, c’est un très beau sentiment selon moi. Et ce n’est pas la petite fille qui m’a appris à faire des éventails en papier, qui dira le contraire.  

 

 

Jeune couple d'une vingtaine d'années, on a décidé de se lancer dans l'aventure bloguesque à deux, pour partager nos aventures, nos sorties culturelles, nos coups de coeur, mais aussi nos réflexions sur la vie de couple ! Gourmands et bons marcheurs, on adore tester de nouvelles choses, aussi bien sorties insolites que restaurants atypiques !

4 Comments

  1. jenychooz Répondre

    J’adore ce type d’article « témoignage ». Je voulais devenir institutrice quand j’étais plus jeune et je me suis tournée vers la vente en fin de compte. Mais j’aurai vraiment aimé être maitresse d’école c’est tellement enrichissant
    Biz jeny

    1. Anthony & Noémie Auteur Répondre

      On aurait tous pu devenir quelqu’un d’autre, l’essentiel est d’aimer ce qu’on fait et ce qu’on est maintenant 🙂 merci Jen !

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